XIX ème siècle

  • Michel Pacha à Sanary

    8 Michel Pacha à Sanary
    Michel Pacha La Société Collas-Michel se mit à l'ouvrage, fit des emprunts relativement importants et réalisa les premiers phares. Chaque navire qui entrait dans un port devait payer des taxes non négligeables. L'administration du Sultan n'encaissait rien, mais ne dépensait rien non plus. En quelques mois, les associés touchèrent d'importantes sommes qui permirent le remboursement des emprunts. La rentrée des capitaux s'accélérait avec la poursuite des travaux. Le nombre des phares construits passe de 15 à 27. Ces résultats grandement appréciés, le Sultan envisagea bientôt d'étendre le système de protection des côtes à tout son empire. Entre 1855 et 1864, 111 feux seront vendus à l'Empire Ottoman et disposés sur les côtes de la Mer Noire, de la mer de Marmara, de la mer Égée et de la Méditerranée orientale. Et lorsque les travaux du Canal de Suez entrèrent dans leur phase finale, et que le Pacha d'Egypte en accorda la concession à Ferdinand de Lesseps, la Société Michel et Collas dut fournir tous les feux nécessaires à la sécurité maritime des côtes d'Egypte et du canal. On imagine les sommes considérables qui tombèrent dans l'escarcelle de nos associés. Aussi, des affaires aussi prospères mirent rapidement leur famille dans l'opulence. Marius Michel qui fut décoré de la Légion d'honneur en 1863 disposait de plusieurs résidences entretenues luxueusement grâce aux fortunes accumulées. Il vivait tantôt à Constantinople où naquit sa fille Amélie, tantôt à Marseille où son fils Pierre vit le jour. Il se rendait souvent à Paris rue Malesherbes dans le 8ème arrondissement pour la nécessité des affaires. Il y disposait d'importants bureaux. Et comme il se déplaçait souvent de Marseille à Constantinople, il utilisait un yacht splendide qui portait le nom de sa femme Élodie. Et ses affaires fructueuses n'allaient pas s'arrêter là. Le Sultan Abdul Hamid II lui manifesta la même confiance que son prédécesseur Abdul Medjid. Il lui demanda de faire de Constantinople un port véritable avec toutes structures afférentes : quais, docks, entrepôts, etc... En raison de la puissance du courant reliant la Mer Noire à la Méditerranée et aussi de la profondeur du Bosphore, il avait été jusque-là impossible de construire durablement. Marius Michel obtint en 1879 une importante concession, créa une société appelée " Société des quais, docks et entrepôts de Constantinople ". Située au point de rencontre de trois continents, cette capitale allait connaître un développement extraordinaire après avoir reçu tous les équipements souhaités par le Sultan. Ce fut à partir de ce moment-là que Marius Michel deviendra Michel Pacha. Le terme de Pacha était un titre honorifique donné à l'origine en Turquie aux seuls princes du sang, et qu'on attribua par la suite à de grands personnages, soit qu'ils appartinssent à l'armée ou à l'administration civile, soit qu'ils n'eussent aucune charge dans l'Etat. Les chefs supérieurs de l'armée, les gouverneurs de province de l'empire le recevaient en priorité. Et voilà comment l'enfant de Sanary parvint au faîte de la gloire. Il avait alors 60 ans et se trouvait à la tête d'une fortune colossale. On pourra remarquer que jusque-là Michel Pacha n'avait exercé ses activités qu'à l'étranger. Cependant il n'avait jamais oublié son village natal. Il y venait de loin en loin car dans la période de sa vie comprise entre 1836 et 1855 il navigua sur des bateaux dont le port d'attache fut Marseille. Il venait de temps à autre se recueillir sur la tombe de sa mère qui y mourut en 1850. En 1863, il y acheta une superbe propriété avec maison de maître, maison fermière entourée de 8 hectares de terre.   Le Maire de Sanary Cette acquisition lui permit de renouer de plus près avec la population. Il devint le Maire de son village natal en 1865 et le restera jusqu'en 1872. Toutefois il y résidera par intermittence, ses affaires l'appelant le plus souvent à Marseille mais aussi à Paris et à Constantinople. Son ambition est de faire de son village natal une petite ville à caractère touristique, accueillante, sans lui ôter ses activités de toujours : la pêche et l'agriculture. L'administration communale lui apportera bien quelques satisfactions mais aussi d'amères déceptions, le budget étriqué ne permettant guère les réalisations audacieuses qu'il souhaitait. Comme il tient là comme ailleurs à la réalisation de ses projets, il n'attendra pas les lenteurs administratives, il fera des avances personnelles sur ses propres deniers qu'il ne cherchera même pas à récupérer par la suite. Il fit des prêts sans intérêt à la ville et très souvent des dons importants. Durant son premier mandat, il s'intéressa aux questions maritimes qu'il connaissait bien : aménagements de terre-pleins conquis sur la mer, quais de déchargement de matériaux lourds, construction et extension des quais. Puis ce fut le drainage des eaux pluviales, la recherche de nappes souterraines d'eau potable, l'embellissement des fontaines, l'accès routier de la gare d'Ollioules, la construction d'un lavoir, la réparation et l'agrandissement de l'église, la création d'une brigade de gendarmerie, la construction d'un grand hôtel, l'école Saint-Vincent, une maison de retraite pour personnes âgées, un pont métallique sur la Reppe, le feu à l'extrémité du Port, etc..., nous pourrions allonger la liste. Dans le cadre des activités touristiques, il créa même un centre de régates nationales dotée de prix offerts par l'Empereur. L'oeuvre de Michel Pacha se poursuivait sous des formes multiples. Aux heures de bonheur, de succès et même de gloire allaient succéder, hélas ! des heures sombres. En 1872, sa fille Amélie mourut. Elle avait fait la connaissance d'un artisan maçon venu travailler dans la maison de ses parents et tomba follement amoureuse de lui. Sa mère fit tout son possible pour la dissuader de cette idylle, l'obligeant même à la claustration, lui interdisant d'aller à la messe, moment espéré par les tourtereaux pour échanger quelques tendres oeillades. Le chagrin fut si profond qu'il exerça ses ravages sur la pauvre petite Amélie, minée peut-être aussi par un mal de langueur. Elle avait seulement quinze ans et demi quand elle succomba. Rongée par le remords, Madame Michel comprit sans doute trop tard qu'on ne doit pas confondre roture et déshonneur. Michel Pacha profondément affecté par cette disparition prématurée, ulcéré par l'incompréhension de ses concitoyens en désaccord avec certains de ses projets, donna sa démission de Maire. Il n'allait pas pour autant rester inactif. Des projets grandioses mûrissaient dans sa tête. Il avait passé la soixantaine mais son dynamisme et son génie créateur, malgré les difficultés, les déceptions et même les chagrins, demeuraient intacts. Les encouragements lui parvenaient des plus hautes autorités. À la dignité de Pacha conquise en 1879 allait s'ajouter celle d'Officier de la Légion d'honneur, l'année suivante. Quelques années plus tard, en reconnaissance de ses oeuvres charitables innombrables et du soutien qu'il apporta aux institutions religieuses locales (Don Bosco, Soeurs de Sanary, église de La Seyne, etc...), il fut récompensé par le Souverain pontife Léon XIII qui lui conféra en 1882 le titre de : Comte Héréditaire Michel de Pierredon (nom de l'un de ses anciens domaines.). M. Ortolan nous dit dans sa biographie de Michel Pacha que cela fut possible par l'intervention de la fiancée d'Alfred, fils de Marius Michel dont les deux oncles étaient très liés au Pape.  
  • Fort de Six Fours

    2 Fort de Six Fours
    Le Fort, encore en activité, (on ne visite pas), fut construit sur les ruines du vieux village, en 1875.
  • Le phare du Rouveau

    5 Le phare du Rouveau
    Le phare du Grand Rouveau, construit en 1861, est une tour carrée de 17,15 mètres de hauteur. Il se dresse pourtant à 47,90 mètres au-dessus du niveau de la mer au sommet de l'île du Grand Rouveau non loin de l'île des Embiez. Son feu blanc à 2 occultations 6s est émis par une lampe halogène de 90 W. Sa portée est de 15 milles (environ 28 km). Il est automatisé, télécontrôlé par la station de Porquerolles, non gardé et non visitable.
  • Batterie du Cap Nègre

    1 Batterie du Cap Nègre
    La batterie est un ouvrage militaire de défense côtière. Sa position avantageuse entre la baie de de Sanary et la rade du Brusc, lui confère un rôle essentiel dans la protection du littoral Toulonnais. La 1ère batterie est réorganisée sous Louis Philippe 1er (1846 -50). Lieu d'exposition.
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